Suisse

Franz
Gertsch

Biographie

Franz Gertsch est né en 1930 à Mörigen, dans le canton de Berne. De 1947 à 1950, il étudie la peinture auprès de Max von Mühlenen, puis de Hans Schwarzenbach. Il connaît sa première exposition personnelle en 1949 à la galerie René Simmen, à Berne. Le Pop Art des années 1960 l’influence profondément. Gertsch voyage en Écosse et dans le sud de la France, et commence à réaliser des collages avec des papiers de couleur. Il obtient en 1967 la bourse Louise Aeschlimann. 

En 1972, il participe à la Documenta de Kassel puis en 1974 aux expositions Hyperréalistes américains/Réalistes européens au Centre Pompidou à Paris et New Photo Realism au Wadsworth Atheneum de Hartford, qui lui valent une reconnaissance internationale. Il participe en 1999 à la Biennale de Venise. En 2002, il fonde son propre musée près de Berne. Ses oeuvres ont récemment été exposées dans des institutions telles que le Kunstmuseum à Berne en 2014, le Musée Jenisch à Vevey en 2017 ou le Swiss Institute à New York en 2018. Franz Gertsch vit et travaille à Rüschegg dans le canton de Berne.

L'artiste et son œuvre

En 1969, l’œuvre photoréaliste grand format Huaa…! définit le protocole de l’œuvre ultérieure de Gertsch, qui se fondera dès lors sur la réalité objective produite par un appareil photographique. Aspirant à travailler de manière purement picturale, dépourvue de tout style personnel, l’artiste développe un système objectif, consistant en la reproduction à la main d’une diapositive projetée sur son support ; il utilise pour ce faire la méthode pointilliste imaginée dans les années 1880 par Georges Seurat à partir de sa théorie du mélange des couleurs. Travaillant d’abord avec des images de magazines, Gertsch opte très vite pour une iconographie domestique et personnelle. Sa femme, ses enfants, des amis artistes, deviennent ainsi ses sujets de prédilection, ainsi que des images de groupe en relation avec des événements locaux ou réels. Le peintre Luciano Castelli, avec son allure androgyne, devient le modèle favori d’images où deux personnages posent devant son appartement en arrière-plan, au milieu de ses colocataires. Gertsch est ainsi considéré comme un des chroniqueurs de la génération hippie. 

 

Les cinq célèbres portraits qu’il faits de Patti Smith en 1978-1979 sont un premier pas hors du cercle des intimes de Gertsch. En 1980, un premier autoportrait marque un tournant dans sa carrière, qui s’émancipe désormais de tout contenu narratif au profit de portraits féminins et de détails de la nature. En 1986, il abandonne la peinture et adopte la technique ancestrale de la gravure sur bois, qu’il revisite sous la forme de grands formats imprimés sur un papier japonais spécialement produit pour lui à Kyoto. Il renonce également à la polychromie en faveur du monochrome, employant plusieurs couleurs minérales pour un même sujet, produisant ainsi séries et multiples.

Une attention méticuleuse au détail, à la couleur et au matériau, et la lenteur infinie avec laquelle il réalise ses œuvres, travaillant parfois sur la même image pendant plusieurs mois voire un an, rapprochent l’art de Gertsch de celui d’un peintre de la Renaissance. Le choix de ses sujets, l’angle de la composition et l’utilisation du modèle photographique ancrent en revanche sa pratique dans une esthétique post-photographique qui exerça une influence certaine sur les artistes hyperréalistes américains de la même époque.

 

Le travail de Gertsch interroge de façon exhaustive le domaine de l’art figuratif. Son « absence de style » et la technique méthodique du pointillisme sont devenus sa marque de fabrique. Toute l’œuvre procure une réflexion sur le temps nécessaire à une œuvre pour qu’elle émerge.

Les œuvres

01
Collection of contemporary art